Procès Georges Tron : la demande de renvoi faite par la défense a été rejetée
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"Nous estimons qu'il y a un problème d'objectivité. A l'heure actuelle, les débats ne pourront plus être suffisamment sereins", affirme Me Antoine Vey, avocat de George Tron. "On a cloué ma cliente au pilori! On a jeté son honneur aux chiens. La justice est sous pression et c'est inadmissible. En 40 ans, je n'ai jamais vu ça » comment Me Franck Natali, l'avocat de Brigitte Gruel, l'ancienne adjointe à la Culture.
Une demande de renvoi bien évidemment contestée par les avocats des plaignantes. Ils sont appuyés par l'avocat général, Frédéric Bernardo. Ce dernier dénonce la tentative de "diversion" de la défense. Selon lui, cette demande de renvoi « n'est qu'un écran de fumée ».
La cour d'assises de Seine-Saint-Denis vient d'estimer que la diffusion d'un reportage télévisé sur l'affaire n'a pas troublé le procès.
Retour sur cette semaine juridique tendue.
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Mardi était l'ouverture du procès
L’élu, qui dirige depuis plus de vingt ans la mairie de Draveil (Essonne), est accusé par deux anciennes employées municipales de viols et d’agressions sexuelles. Son ancienne adjointe à la culture Brigitte Gruel est également mise en cause. Ils encourent jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. Tous deux nient les accusations à leur encontre. Le procès doit normalement avoir lieu jusqu’au 22 décembre mais au vu de la complexité de l'affaire et des nombreux témoins, il sera très certainement prolongé.
Le scandale avait éclaté en mai 2011, en parallèle de l'arrestation du directeur général du Fonds monétaire international de l'époque, un certain Dominique Strauss-Kahn.
Georges Tron avait démissionné de ses fonctions de secrétaire d’Etat à la fonction publique, mais avait conservé son poste de maire.
Décontracté et d'allure élégante, il a détaillé lors du premier jour du procès son parcours professionnel et personnel. Un sujet a retenu toute l'attention de l'audience : sa curieuse passion pour la réflexologie et les médecines alternatives et complémentaires. L'ancien secrétaire d'Etat du gouvernement Fillon ne s'en cache pas. "Je n’ai jamais dissimulé mon intérêt pour la réflexologie"dit-il. Il rappelle également avoir cofondé l’Association pour l’alternative en médecine (APAM). Pour les plaignantes, Eva Loubrieu et Virginie Ettel, cette passion n'était qu'un prétexte pour les violer et les agresser, parfois en compagnie de son ancienne adjointe.
Face aux jurés, Georges Tron assure qu'il est un victime « d'un complot politique». Qui donc serait derrière tout ça ? le clan Le Pen-Olivier selon lui, opposé à sa mairie sur fond de contentieux immobilier. Les deux plaignantes auraient été conseillées par ses opposants frontistes.
A la fin de l'audience, les époux des deux accusés ont tous les deux défendus et niés les accusations portées contre leur époux respectifs.
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Jeudi, c'est Virginie Etelle, une des plaignantes qui a été entendues. Et l'ambiance était... tendue !
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Après avoir été entendue pendant plus de 7 heures, son récit parfois imprécis a été vivement mis en cause par la défense.
Face à la cour d’assises, Virginie Etelle a confié la « gêne » ressentie où pour la promière fois, l’ancien secrétaire d’État lui a saisi le pied sous prétexte de réflexologie plantaire.
Puis, elle a longuement raconté son « choc » lorsque Georges Tron et Béatrice Gruel auraient, selon elle, abusé d’elle. Le maire lui aurait saisi le pied pendant que son adjointe la déshabillait, suivi d'un viol. Le président, particulièrement brutal durant l'audition, lui a demandé pourquoi elle n'avait pas réagi. « J’avais le cœur qui battait dans les oreilles, je n’étais plus là, paralysée, je ne pouvais plus bouger », justifie la plaignante. Le président insiste continue d'insister sur ce point. « Je suis surpris du ton de cet interrogatoire qu’on dirait tout droit sorti des années 1950 où on semble découvrir un phénomène connu depuis 1914 : la sidération », s’emporte Vincent Ollivier, son conseil.
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Suivront des incohérences lors de son récit: son suicide, son pseudo cancer de l'utérus destiné à « éloigné » l'accusé, ou encore le fait qu'il ait été photographié par la mère de la plaignante pour le calendrier de la mairie, un mois après le viol présumé. « Je peux comprendre que mes incohérences peuvent me porter préjudice. Il y a des choses qui me reviennent en mémoire » justifie Virginie Ettel.
Le verdict est théoriquement attendu le 22 décembre. Toutefois les audiences ont pris un tel retard que ce délai semble d’ores et déjà intenable.