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#meetoo : bilan sur un phénomène social international

En Octobre 2017, la roue n’a fait que tourner pour le producteur : Il a perdu le soutien financier du conseil d’administration de sa compagnie Weinstein Company, celui de son avocate Lisa Bloom, spécialiste de la défense des droits civiques et connue pour avoir défendue des femmes harcelées par l’animateur de Fox News Bill O’Reilly. Le 8 octobre, Weinstein est licencié par le conseil d’administration de la maison de production qu’il a co-fondée. S’il demandait alors le soutien de plusieurs dirigeants des studios d’Hollywood, l’université de Californie du Sud annonçait publiquement qu’elle refusait un don de 5 millions de dollars de Harvey Weinstein.

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Une enquête du New Yorker publiait le résultat de son enquête au long cours sur les accusations visant Harvey Weinstein : trois femmes l’accusent désormais de viol.  Le 15 octobre, l’affaire prend une ampleur symbolique quand les hashtag ‘balancetonporc’ et ‘metoo’ apparaissaient sur Twitter. S’ils sont d’une importance capitale dans l’histoire, c’est parce qu’ils font écho au #MyHarveyWeinstein, lancé par l'écrivaine canadienne Anne T. Donahue en plein scandale. 

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La journaliste Sandra Muller participait à cet effort et publiait un tweet encourageant toutes les victimes de violences, agressions et harcèlement de s’exprimer publiquement et librement sur ces agressions quotidiennes pourtant passées sous silence et bien trop minimisées. Ce poste apparaissait sur les réseaux sociaux deux jours avant que la déferlante de témoignages ne commence.

 

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La parole est maintenant libérée et va au-delà de l’affaire Weinstein. Sur Twitter, on peut alors lire des témoignages du monde entier dénoncent les actes odieux que subissent quotidiennement certaines femmes au travail, citations à l’appui. Plus qu’une affaire de mœurs, l’affaire est devenue d’intérêt publique et concerne maintenant des femmes de tout milieu confondu. Il n’y a plus de loi du silence. 

 

Si cet emballement n'étonne absolument pas Marilyn Baldeck, déléguée générale de l'Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), c’est que le hashtag et l’engagement populaire provoqué a invité les victimes à parler de leur passif de façon naturelle, spontanée et continue. Selon Marilyn Baldeck, "il y a quand même un peu cette idée qui circule que si les choses n'avancent pas aussi vite, c'est parce que les victimes elles-mêmes n'en parlent pas suffisamment". La loi du silence maintenant brisée, qu’en est il du hashtag et du mouvement de solidarité international provoqué deux mois plutôt ? 

 

L’exemple de l’actrice américaine Salma Hayek offre un élément de réponse révélateur dans son interview pour le New York Times le 12 Décembre 2017. Hayek et Weinstein avait travaillé ensemble sur le film Frida en 2002. Dans cette conversation, elle confiait avoir été victime de pressions physiques et psychologiques similaires. Toutefois, la vague de révélations sur les réseaux sociaux l’avait dissuadé d’apporter son témoignage. L’affaire maintenant dénoncée mondialement, l’actrice doutait alors de l’impact de son expérience. 

 

Ce matin, le Time Magazine a désigné mercredi la vague de dénonciation du harcèlement sexuel des femmes, déclenchée par l'affaire Weinstein aux Etats-Unis, comme "personnalité" la plus influente de l'année 2017. ‘Celles qui ont brisé le silence’, c’est ainsi que l'hebdomadaire américain rend hommage aux milliers de femmes harcelées, agressées ou violées qui ont pris sur elles pour relayer sur les réseaux sociaux sous les mots-clefs "#MeToo" (moi aussi) ou "#balancetonporc" en France. Par quelques charactères, le mouvement a véritablement dédiabolisé la prise de parole sur ce sujet et ont rétablit les vrais criminels à leur juste place.

 

Cet article devrait être conclus sur la citation du rédacteur en chef du Time, Edward Felsenthal sur NBC. Le rédacteur s’exprimait sur le phénomène, qu’il décrivait comme "le changement sociétal le plus rapide auquel nous assistons depuis des décennies.’ Il salue également des actes de courage individuels de centaines de femmes - et de quelques hommes. 

Comment l’affaire Weinstein et le désormais iconique hashtag ‘Meetoo’ ont-ils commencé ? C’est la question qui nous revenait en tête quand le magazine américain The Times publiait ce matin les portraits de toutes celles et ceux qui ont brisés le silence autour du producteur américain Harvey Weistein. 

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Si le producteur a tour à tour présenter ses excuses pour son comportement, nier ces accusations et pris un congé indéterminé de ses sociétés de production Miramax et Weinstein Company, il aura espéré voir l’affaire se terminé là. Sharon Waxman, reporter business et créatrice du site spécialisé The Wrap, assure avoir recueilli, dès 2004, le témoignage d’une femme qui avait conclu avec Harvey Weinstein un accord confidentiel après avoir été agressée sexuellement. La journaliste avait alors fait l’objet de pressions de la part de la direction éditoriale du quotidien venant d’Harvey Weinstein. 

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